Le mardi 30 avril à 20h30

Espace Noriac

Mon Dieu, comment suis-je tombé si bas ?

Mio Dio, come sono caduta in basso!

 

 

Comédie  (1h32) -1974
Réalisé par Luigi Comencini
Ecrit par: Ivo Perilli, Luigi Comencini
avec Laura Antonelli, Michele Placido, Jean Rochefort, Alberto Lionello, ...

 

Sicile, début du XXème siècle. Eugenia Maqueda (Laura Antonelli) et Raimondo Corrao, marquis de Maqueda (Alberto Lionello) découvrent lors de leur nuit de noces qu’ils sont frère et sœur. Il leur est donc impossible de consommer le mariage. Pour des questions d’apparences à sauvegarder et aussi d’héritage ils décident de ne rien dire à personne et de vivre dans la chasteté absolue comme un frère et une sœur. Mais les besoins de la belle Eugenia sont de plus en plus pressants…

photo du réalisateur

Luigi Comencini est né le 8 juin 1916 en Lombardie. Le grand réalisateur italien s'est éteint le 6 avril 2007 à l'âge de 90 ans à Rome. Sa carrière riche d'une quarantaine de films a dressé une cartographie de l'Italie populaire pendant près d'un demi-siècle. Scénariste, critique cinématographique et réalisateur, Luigi Comencini a fait du prolétariat et de l'enfance les thèmes centraux de son œuvre, bien qu'il ait toujours réfuté d'être mis dans une case. Photographe de l’Italie populaire et des quartiers de misère, sa caméra restera toute sa vie braquée sur les problèmes sociaux qui sévissent dans la botte. Mais la comédie n’est jamais très loin, Comencini excelle autant dans la farce que dans la tragédie. C'est d'ailleurs la comédie Pain, amour et fantaisie en 1954 avec Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida qui l’a révélé au grand public. Très apprécié en France, le public l'a célébré pour des films aux genres sensiblement différents les uns des autres. Il demeure à ce jour l’un des grands maîtres de la comédie à l'italienne.

 

 Quelques (bonnes) critiques

Pour Jean A.Gili, Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? demeure un film à travers lequel le réalisateur se plie à quelques concessions, notamment sur les séquences à caractère érotique qui ont peut-être selon lui desservies le film et l'intérêt général lors de sa sortie, mais demeure une réussite plastique incontestable (les décors sont signés Dante Ferretti) doublée d'une étude sur l'état de la société italienne contemporaine vue à travers un film d'époque.

" Ce n’est probablement pas par le hasard d’audition, que le réalisateur a confié à Laura Antonelli le rôle de cette jeune femme engoncée dans les principes et la morale religieuse, mais que dévore le désir sexuel. Qui mieux qu’elle, auréole du statut de sex-symbol, acquis au travers de ses précédents métrages, pouvait éveiller simultanément le désir et la frustration des regardeurs, c'est-à-dire à les immerger dans l’intrigue ?
Et les principes moraux qui corsète Eugenia sont comme ses multiples couches de vêtements à l’imbroglio de lacets et rubans qui couvrent son corps, que son chauffeur à tant de mal à ôter lors de son arrêt dans une cabane perdue au milieu de la campagne et dont elle se défera péniblement le lendemain, sous œil amusé de ce même chauffeur, dans cette même cabane.
A la critique de la morale religieuse, prompte à vouer aux gémonies et au couvent les malheureuses pécheresses, se greffe une satire sociale d’où la question de l’héritage n’est pas absente, ni celle du patriarcat. Pendant que son épouse-sœur résiste aux pulsions qui la taraudent, le marquis de Maqueda satisfait les siennes auprès de prostituées, en troussant quelque paysanne, en affrontant ses ouvriers grévistes, en déclamant des préceptes incompréhensibles de D' Annunzio ou en partant à la guerre."           Sabrina Piazzi  

" Considéré à sa sortie comme un film mineur dans la carrière de Luigi Comencini, Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? demeure une œuvre de qualité, plastiquement irréprochable et grinçante envers la vieille aristocratie italienne, tout en mettant en valeur la beauté de la mythique Laura Antonelli cette fois encore peu avare de ses charmes. À noter la superbe photo du chef opérateur Tonino Delli Colli (Il était une fois dans l’Ouest, Le Nom de la rose) élégamment mise en valeur.              Film actu
 

" Le film se situant au milieu des années 1970 en plein essor du cinéma érotique, Luigi Comencini suit le mouvement dans cette nouvelle comédie à costumes dans l’Italie du début du XXe siècle. Il fait appel à Laura Antonelli, devenue une icône du corps érotisé féminin après plusieurs films successifs dont Malicia de Salvatore Samperi et Sexe fou de Dino Risi, deux films de 1973 qui ont contribué à sa notoriété. L’histoire proposée ici tourne autour du personnage de la marquise frustrée de ne pas pouvoir vivre sa sexualité conjugale comme la tradition le prévoyait. Sur ce sujet au premier regard léger, potentiellement un sujet de commande comme le suggère Christian Viviani, Luigi Comencini signe une critique féroce de l’Italie préfasciste et de sa noblesse désargentée et incestueuse qui va contribuer au succès de Mussolini. La description du contexte historique de l’Italie de ce début du siècle n’a rien de gratuit et l’érotisme promis est davantage une métaphore de la situation de la frustration sexuelle d’un pays tenté par l’idéologie hyper viriliste du Duce, sur le mépris autant des femmes que des humbles citoyens mourant à l’œuvre dans des mines pour servir l’esprit colonialiste d’une Italie préfasciste.
Luigi Comencini se joue des conventions et des attentes du cinéma érotique en manœuvrant les frustrations du spectateur autour de sa place de voyeur à l’égard du corps érotisé de Laura Antonelli : ainsi, son corps est caché, mis en attente avec une savante combinaison de vêtements faisant office de ceinture de chasteté autant que de mépris catholique du corps. L’érotisme annoncé est ainsi clairement un prétexte pour penser l’histoire des dérives idéologiques d’un pays particulièrement bouleversé au moment du tournage par les années de plomb."  Cédric Lépine, Le Club de Mediapart

" Évidemment le film de Comencini, malgré son titre, constitue le haut du panier d’une production racoleuse et opportuniste, mais dont les éléments satiriques sonnent souvent juste, sans parler des réjouissants numéros d’acteurs qu’elles occasionnent. La particularité du film de Comencini est d’être une comédie à costumes, située à la veille de la Première Guerre mondiale, et qui se moque du « dannunzianisme » (d’après le célèbre écrivain D’Annunzio), courant littéraire très à la mode à l’époque en Italie et qui exaltait l’amour sensuel sous ses formes les plus sophistiquées et décadentes, avec une exagération assez ridicule. Le film de Comencini peut d’ailleurs se voir comme le pendant humoristique du drame L’Innocent de Visconti, dernier chef-d’œuvre du cinéaste réalisé un an plus tard et adaptation d’un roman de D’Annunzio (les films partagent la même actrice, Laura Antonelli : ce sont ses deux meilleurs rôles.)

Le film pastiche le style et les histoires des feuilletons à l’eau de rose de l’époque, ancêtres des romans-photos qui seront eux aussi tournés en dérision par la comédie italienne. Mais il procède à une inversion amusante qui structure le récit. D’habitude dans les mélodrames l’héroïne doit lutter contre les assauts répétés d’hommes mal intentionnés pour protéger à tout prix sa vertu ; ici, elle se désespère de ne pouvoir assouvir son désir sexuel, le passage à l’acte avec des amants étant sans cesse retardé par la malchance ou des retournements de situations imprévues (comme lorsque le séducteur français, sur le point de la trousser, renonce en apprenant qu’elle est vierge.)

Quand le couple décide enfin de faire l’amour en cédant à la tentation décadentiste de l’inceste, un ultime coup de théâtre viendra une nouvelle fois les en empêcher !

La direction artistique est particulièrement soignée et Comencini s’amuse à reproduire les photographies du début du XXᵉ siècle ou le cinéma muet dans certaines séquences. Le cinéaste opte pour une caractérisation très stylisée des personnages, unidimensionnels et volontairement sans profondeur, refusant la psychologie et invitant les acteurs à jouer comme des pantins ou des marionnettes. Le personnage du mari, patriote fanfaron, aristocrate prétentieux et ridicule, annonce l’arrivée du fascisme. Un film à redécouvrir dans la riche carrière de Luigi Comencini. "   Olivier Père Arte.tv

 

Voir / Écouter

  • La bande-annonce du film (vidéo). 

Ciné-club

Le film est en version originale sous-titrée. Il est présenté dans le cadre de Primissimo Piano, l'activité ciné-club de la Dante Alighieri,

Adhésion ciné-club (carte verte Interfilm valable pour la saison 2023-2024) : 1 € ; Carte offerte aux membres de la Dante Alighieri.

Participation aux frais : 5 €, réduit 2€ (Étudiants, DE, <18 ans).

 

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