
Le mardi 12 novembreà 20h30
Le premier qui l'a dit
Mine vaganti
Comédie dramatique (1h50) - 2019
Réalisé par Ferzan Özpetek
Scénario Ivan Cotoneo, Ferzan Özpetek
Avec Ricardo Scamarcio, Nicole Grimaudo, Alessandro Preciosi, Ilaria Occhini, Ennio Fantastichini
Le film se déroule à Lecce, et suit la famille Cantone, propriétaire d'une entreprise de pâtes. Tommaso, le fils cadet, revient de Rome avec l'intention de révéler son homosexualité à sa famille pour se libérer de ses obligations familiales et poursuivre ses rêves littéraires. Cependant, son frère aîné, Antonio, le devance en faisant une déclaration similaire, provoquant ainsi un séisme au sein de la famille et bouleversant tous leurs plans.
Les mines divagantes (flottantes) traduit en "Le premier qui l'a dit" Dommage ! Le titre avait son sens. Les personnages de cette famille ont tous leur histoire secrète, leur fragilité, et sont tous des mines divagantes, qui risquent d'exploser à tout moment. Belle série de personnages. Belle psychologie familiale. Chris Lausanne (Sens Critique)

Ferzan Özpetek est né le 3 février 1959 à Istanbul. Après avoir étudié l'histoire de l'art et le cinéma à Rome, il a commencé sa carrière en tant qu'assistant réalisateur avant de faire ses débuts à la réalisation avec le film Hammam en 1997. Ses films, souvent centrés sur les thèmes de l'identité, de l'amour et de la tolérance, ont rencontré un grand succès en Italie et à l'international.
Quelques (bonnes) critiques
« Une excellente comédie de mœurs, à l'italienne.
Ferzan Ozpetek n'est pas le meilleur réalisateur du monde. On l'avait d'ailleurs quitté en 2008 au Festival de Venise avec un film qui était loin d'avoir créé l'enthousiasme (« Un Giorno Perfetto »), et qui se focalisait sur la relation tumultueuse entre une femme et son mari, policier plutôt violent. Mais ce réalisateur italien n'est jamais aussi bon que dans le registre de la comédie (« Tableau De Famille »), faisant ici des merveilles à partir d'une histoire de coming out qui aurait pu être totalement convenue.
Il dresse dans "Le premier qui l'a dit" une série de portraits attendrissants au sein d'une famille divisée par la révélation de l'homosexualité de leur fils ainé, et ne sachant pas encore que le fils cadet l'est aussi. Maîtrisant parfaitement les scènes de groupes, dynamisant les complicités et les divisions par une alternance de plans séquences virevoltant et de gros plans sur les différents protagonistes, Ozpetek enchante par la légèreté du traitement, laissant transparaître juste ce qu'il faut du passé bouleversant de la compatissante grand-mère, seul élément stable de la famille.
Ozpetek se joue des clichés. Il transforme progressivement et avec une certaine jubilation le père réprobateur, élément viril par essence, en une pleureuse parano. Il affirme la tante comme un élément à part, vieille fille potentiellement délurée à l'intérieur. Et il fait finalement intervenir un quatuor d'amis venus de Rome, tous plus folles les uns que les autres, histoire de pimenter encore un peu une situation dont tout le monde perd le contrôle. Bref le mariage des personnages fonctionne à merveille, ceci grâce à un casting sans faute, et à un jeu avec les non-dits assez délicieux, créant quiproquo sur quiproquo.
Bien sûr certains diront qu'avec moi le message consistant à briser ses chaînes, luxe des gens qui "veulent être heureux", fonctionne toujours, mais le plaisir et l'émotion sont bien là. En arrière plan, se dessine un nouvel amour impossible, les dés étant pipés dès le départ, mais en extrapolant un peu, on se retrouve face à un message inhabituel, prônant le courage de faire des choix, de ceux qui laissent des gens derrière soi, pour réussir à être heureux. Un rien cruel mais toujours bienveillant, le scénario de "Le premier qui l'a dit" l'affirme haut et fort: "ceux qu'on aime ne nous quittent jamais", même s'ils nous ont parfois laissé... même on a choisi parfois nous-même de les laisser. » Olivier Bachelard (Abus de Ciné)
« Une grande famille du sud de l’Italie, où l’on ne se dit pas tout, où tout écart à la normalité du fonctionnement social est proscrit, où le passé pèse sur le présent. Cinéaste turc installé de longue date sur la péninsule, Ferzan Ozpetek joue habilement avec les genres cinématographiques et nous livre un film riche et plein de surprises.
Ferzan Ozpetek aime raconter des histoires familiales - il avait intitulé l’un de ses premiers films TABLEAU DE FAMILLE (2002). Avec MINE VAGANTI (à traduire par «mines en errance» ou «mines dérivantes»?), il nous emmène dans les Pouilles, à Lecce, chez les Cantone qui possèdent une fabrique de pâtes et une jolie fortune. Le fils cadet, Tommaso (Riccardo Scamarcio), veut profiter d’une réunion familiale pour révéler à tout le monde qu’il est homosexuel. Mais au moment où il s’apprête à prendre la parole, son frère aîné Antonio (Alessandro Preziosi) le devance et y va de sa propre confession qui fait scandale: un malaise profond s’installe, le père chasse Antonio - qui devait lui succéder à la tête de l’entreprise - et reporte ses espoirs sur Tommaso, qui ne peut que garder pour lui tout ce qu’il avait à avouer…
LE PREMIER QUI L’A DIT raconte l’histoire de plusieurs membres d’une même famille vivant sous le même toit, chacun ayant des secrets à cacher. Il y a là la grand-mère d’origine toscane: les premières séquences du film - magnifique flash-back d’une mariée courant vers une vieille maison, près de Gallipoli - lui sont consacrées; la trajectoire existentielle de la «nonna» sera un fil rouge à suivre durant cette longue plongée dans le passé. Toute l’intrigue, de manière générale, reposera sur des non-dits et évoluera souvent de façon inattendue, avec un jour l’arrivée inopinée des amis gays de Tommaso, avec d’autres fois les frasques nocturnes de tante Luciana (Elena Sofia Ricci) - qui a des amants qu’elle accompagne de grands cris («au voleur!») lorsqu’ils la quittent -, ou encore avec d’autres personnages qui traversent l’intrigue, telle Alba (Nicole Grimaudo), la jeune collègue de travail, amoureuse discrète de Tommaso et porteuse elle aussi d’un passé chargé.
Comédie de mœurs? étude psychologique? mélodrame classique? Un peu de tout cela, et le mélange des genres ici se révèle excellent. Le tragique affleure, vite relayé par une tonalité plus légère qui rappelle par moments celle de la «comédie italienne», avec ses composantes satiriques, voire féroces. La musique fait parfois basculer une scène dramatique vers le comique, ou contribue à accélérer le rythme narratif - ou à le ralentir -, donnant un souffle nouveau au récit qui repart dans une nouvelle direction. Le film s’achèvera avec une très belle scène pleine d’émotion, où l’on retrouvera tous les personnages, où tous les thèmes (la vie et la mort, l’affection et l’amour, tous pudiquement décrits) se donneront rendez-vous dans une temporalité décalée, dans un tableau de possible réconciliation…
Ferzan Ozpetek excelle dans la description des réunions familiales, dans l’art de tourner autour d’un repas comme certains personnages tournent autour de sujets dont ils ne veulent (ou ne peuvent) pas parler. Les dialogues sont volontairement réduits, l’expression des visages suffit, la tablée ne bouge pas… A l’opposé, les amis gays de Tommaso sont pleins de vie, sur la plage comme dans l’eau… Deux mondes différents se croisent de loin, l’un figé, l’autre débordant d’énergie.
Sujet original qui sait éviter tout dérapage, LE PREMIER QUI L’A DIT témoigne d’une grande sensibilité dans la description de tous les personnages, dans l’évocation subtile des non-dits, dans la maîtrise du jeu des acteurs (Ozpetek est aussi un homme de théâtre). Des qualités que l’on avait déjà relevées par le passé (LA FENÊTRE D’EN FACE, 2003) et qui font de ce nouveau film une œuvre ambitieuse, riche et surprenante. Avec toutefois un petit bémol: la multiplicité des pistes à suivre, le foisonnement et la (relative) complexité du propos n’en rendent pas toujours la lecture aisée. Un petit côté frustrant… » Antoine Rochat (Ciné Feuilles)
« Ce n'est pas la première fois que le cinéaste italien d'origine turque Ferzan Ozpetek (HAMMAM, LA FENÊTRE D'EN FACE) explore le thème de l'homosexualité. Comme dans TABLEAU DE FAMILLE, il le fait ici avec un mélange de gravité et d'humour ironique, égratignant au passage le visage machiste de la société italienne et celui, ultra-conservateur, des grandes et riches familles commerçantes. L'onde de choc provoquée par la révélation de l'orientation sexuelle du fils donne lieu à une panoplie de situations cocasses, traitées avec un esprit parfois proche de celui du vaudeville. Le récit est certes un peu chargé, et certains personnages frôlent la caricature ou colportent quelques clichés. Mais l'efficacité de l'intrigue et le dynamisme de la mise en scène compensent ces lacunes. Une belle énergie émane également de la distribution, composée d'acteurs enthousiastes issus de toutes les générations. » André Lavoie (Mediafilm)
« Lorsque le réalisateur s'attache aux questions de fond comme la projection des parents sur leurs enfants, les rivalités fraternelles et la possibilité de vivre librement et naturellement sa relation amoureuse, le film atteint tout de même de la profondeur et offre des moments touchants. » Véronique Kientzy (BRAZIL)
« Retour de la comédie à l’italienne avec cette histoire de famille qui associe la comédie à la critique sociale. Etre gay en province au pays des machos, dans une famille traditionnaliste, n’a rien de facile. Dans cette région, « où les gens grossissent pour montrer qu’ils ont des sous », on ne rigole pas avec la famille, le nom, la filiation. La peur au ventre que ne soit découvert ce secret honteux n’empêche pas papa de cocufier maman - laquelle l’accepte -, ni chacun de faire semblant de croire que des voleurs viennent la nuit visiter la chambre de tata qui picole en douce… La caricature frôle cette bonne famille de la bourgeoisie, hypocrite, pathétique et ridicule dans laquelle l’arrivée des amis romains de Tommaso est un grand moment comique du film. » Virginie Gaucher (PARISCOPE)
« Fidèle à la tradition italienne, l’auteur ne multiplie pas les gags et le spectateur ne doit pas s’attendre à mourir de rire en visionnant ce petit film basé essentiellement sur le comique de situation. On est séduit par le ton frais de l’ensemble et ceci même si le cinéaste a recours à bon nombre de clichés (le père homophobe hystérique et cardiaque, la mère cocufiée, la tante vieille fille frustrée et les copains homos bien efféminés). Ne faisons toutefois pas la fine bouche : la sauce prend et l’intrusion des copains gays qui tentent tant bien que mal de masquer leur homosexualité à la famille de leur pote est un grand moment de comédie qui rappelle par instants La cage aux folles. Dans un complet contre-emploi, Riccardo Scamarcio est très convaincant car il parvient à trouver le ton juste entre la légère préciosité de son personnage et sa naturelle virilité. » Virgile Dumez (A VOIR A LIRE)
Voir / Écouter
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La bande-annonce du film (vidéo).
Ciné-club
Le film est en version originale sous-titrée. Il est présenté dans le cadre de Primissimo Piano, l'activité ciné-club de la Dante Alighieri,
Adhésion ciné-club INTER FILM valable pour la saison 2024-2025 : 1 € ; Adhésion offerte aux membres de la Dante Alighieri.
Merci de participer et à bientôt au cinéma !
Manifestation organisée grâce au soutien
du Conseil Départemental
de la Haute-Vienne
en partenariat avec l'Espace Noriac
(10, rue Jules Noriac)
