Le lundi 4 mars 2024 à 20h30

Espace Noriac

Le désert des Tartares

(Il deserto dei Tartari)

 

Drame (2h20) - 1976
Réalisé par Valerio Zurlini
Ecrit par André-Georges Brunelin d’après le roman

Il deserto dei Tartari de Dino Buzzati

Avec Vittorio Gassman, Philippe Noiret, Giuliano Gemma, Helmut Griem, Jacques Perrin, Francisco Rabal.


Film classé au patrimoine du cinéma italien
(Italnoleggio Cinematografico)   
David di Donatello 1977 :meilleur film, meilleur réalisateur

 

An 1900, aux confins d'un empire de l'Europe Centrale. Le jeune lieutenant Drogo vient de sortir de l'école militaire et se voit affecté à la forteresse de Bastiano, poste avancé de l'Empire au bord d'une immense étendue aride : le désert des Tartares. À quoi sert donc cette garnison immobile aux aguets d'un ennemi qui ne se montre jamais ? Les Tartares attaqueront-ils un jour ? Drogo s'installe alors dans une attente indéfinie…

 

photo du réalisateur

Valerio Zurlini naît à Bologne le 19 mars 1926. Après avoir obtenu un diplôme de droit, il s’oriente vers le cinéma. De 1948 à 1953, il tourne une quinzaine de courts métrages documentaires. Son premier long métrage, Les filles de San Frediano est adapté du roman de Vasco Pratolini. En 1960, il met en scène La fille à la valise, avec Claudia Cardinale et Jacques Perrin. Le film est un succès critique et public. Avec Journal intime, il obtient le Lion d’Or à Venise. Puis l'acteur producteur Jacques Perrin, qu'il avait aussi dirigé dans Journal intime, lui confie la tâche de porter à l'écran, roman mystique de Dino Buzzati auquel ont tenté de s'attaquer nombre de cinéastes. Zurlini retrouve ainsi le succès critique et public, sans pour autant réussir à monter des projets qui lui tiennent à cœur, comme Lo scialo de Vasco Pratolini qu'il estimait être le chef-d'œuvre des romans italiens du XX siècle. Son dernier travail pour le cinéma sera la direction du doublage de la version italienne d'Alain Resnais. Valerio Zurlini meurt le 28 octobre 1982 à Vérone.  

 

 Quelques (bonnes) critiques

" Lorsque, en 1976, Valerio Zurlini peut enfin adapter le puissant roman de Dino Buzzati, Le Désert des Tartares, il réalise plus qu'un film. Il va fixer sur la pellicule l'œuvre qui va enfin faire de lui l'égal des grands réalisateurs italiens de la Cinecitta. La chance l'accompagne dès les prémices de son projet. Jacques Perrin, acteur et producteur, pèse de tout son poids pour lui donner tous les moyens nécessaires. La forteresse Bastiani et ses alentours désertiques font parfois penser à un décor de western. Zurlini a eu une idée lumineuse : il confie au maître du genre, Ennio Morricone, le soin d'orchestrer ses images. Sa musique de buccins et autres cuivres sera donc glacée, lancinante et angoissante. "          Bertrand Guyard, Le Figaro

" Zurlini ne procède pas à l’arpentage des lieux, mais juxtapose des fragments d’espace que l’on est bien en peine – et c’est le but – de lier en un tout cohérent. Cela vaut aussi du « monde » où la forteresse trouve sa place : sans qualité, sans est et ouest, sans nord et sud. Pas un monde précisément, mais un espace et un temps sans détermination. Zurlini se révèle habile dans la (dé)construction de cet espace-temps sans géographie ni histoire où l’on ne sait où se trouve la frontière, la redoute, et où l’on s’aperçoit après coup du vieillissement des personnages, sans avoir eu l’idée du temps qui passe. Dans ce cadre, l’organisation de la vie de garnison et ses rapports de pouvoir apparaissent arbitraires, et d’une absurdité kafkaïenne. " Matthieu Amat, CRITIKAT

" Disposant d’un confortable budget, l’auteur ne réalise pas le film de guerre épique ou la superproduction esthétique de type Lawrence d’Arabie que certains attendaient sans doute à la sortie du film, en 1977. Auteur d’œuvres intimistes comme Un été violent ou Journal intime, Zurlini traite cette commande en l’intégrant à son univers, et réalise une belle dramaturgie, presque en huis clos, si l’on excepte de rares échappées dans le désert. "         Gérard Crespo, Avoir, à lire.

" Le désert des Tartares de Valerio Zurlini a lui la particularité d’avoir été tourné dans un lieu unique qui n’existe plus sous sa forme d’origine aujourd’hui. La citadelle de Bam, dans le sud-est de l’Iran, où la majorité des extérieurs du film furent tournés, a malheureusement disparu suite au terrible tremblement de terre qui secoua l’Iran en 2003, et qui a fait plus de 30 000 morts. Cette gigantesque fortification, constituée d’un mélange de terre et de paille, construite au Vᵉ siècle avant Jésus-Christ et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, demeure en reconstruction depuis plus d’une dizaine d’années. Le désert des Tartares restera pour toujours le plus élogieux des témoignages de ce lieu chargé. Le sujet principal du roman étant l’ennui et l’attente, il paraissait difficilement transposable au cinéma, surtout par l’intermédiaire d’une coproduction internationale à gros budget et à casting improbable, débouchant très souvent sur des monuments d’académisme. Cette première adaptation d’Il deserto dei Tartari de Dino Buzzati, l’un des grands romans italiens du XXe siècle, est un exploit en soi. Avant Zurlini, plusieurs autres réalisateurs s’y étaient risqués : Michelangelo Antonioni, Luchino Visconti et le Britannique David Lean. Jugé inadaptable, il aura fallu attendre le milieu des années 70 avant que la France, l’Italie et l’Allemagne s’unissent dans cette coproduction. Daniel  Racine, Les yeux grands ouverts

 

Début du roman de Dino Buzzati « Le désert des Tartares » publié en 1940 et adapté au cinéma par Valerio Zurlini en 1976.

« Ce fut un matin de septembre que Giovanni Drogo, qui venait d’être promu officier, quitta la ville pour se rendre au fort Bastiani, sa première affectation.  C’était là le jour qu’il attendait depuis des années, le commencement de sa vraie vie. Maintenant, enfin, les chambrées glaciales et le cauchemar des punitions étaient du passé. Oui, maintenant il était officier, il allait avoir de l’argent, de jolies femmes le regarderaient peut-être, mais au fond, il s’en rendit compte, ses plus belles années, sa première jeunesse, étaient complètement terminées. Et, considérant fixement le miroir, il voyait un sourire forcé sur le visage qu’il avait en vain cherché à aimer. »

 

Voir / Écouter

  • La bande-annonce du film (vidéo). 

Ciné-club

Le film est en version originale sous-titrée. Il est présenté dans le cadre de Primissimo Piano, l'activité ciné-club de la Dante Alighieri,

Adhésion ciné-club (carte verte Interfilm valable pour la saison 2023-2024) : 1 € ; Carte offerte aux membres de la Dante Alighieri.

Participation aux frais : 5 €, réduit 2€ (Étudiants, DE, <18 ans).

 

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