
Le lundi 4 décembre 2023 à 20h30
Habemus Papam
Comédie dramatique (1h44) - 2011
Réalisé par Nanni Moretti
Scénario Nanni Moretti, Federica Pontremoli
avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, Margherita Buy, ….
Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…

Giovanni Moretti, dit Nanni Moretti, né le 19 août 1953 à Brunico dans le Trentin-Haut-Adige, est un réalisateur, scénariste et acteur de cinéma italien. Il est également producteur, distributeur et directeur de salle via ses sociétés Sacher Film, Sacher Distribuzione et son cinéma le Nuovo Sacher. ( nommés ainsi en hommage à sa pâtisserie préférée, la Sachertorte ) Éminente personnalité du cinéma européen, Nanni Moretti a constitué une œuvre cohérente qui développe une forme personnelle d'autofiction et alterne drame, satire et militantisme. Il joue dans tous ses films. Ses longs métrages cherchent à concilier la tradition néoréaliste et les codes de la comédie à l'italienne et forment une chronique vaste et subjective de l'Italie politisée de l'après-mai 68 et du début du XXIè siècle. Le cinéaste est lauréat de la Palme d'or du festival de Cannes 2001 pour La Chambre du fils, et d'une trentaine d'autres prix internationaux. © wikipedia.fr
Quelques (bonnes) critiques
" La beauté de Habemus Papam réside dans cette indécision qui en fait une sorte de film-catastrophe sans objet, partagé entre déni (la comédie dans les arcanes du Vatican) et consternation (le monde extérieur figé dans la terreur)." Vincent Malausa, Les cahiers du cinéma
" À la suite de l'annonce par le pape de renoncer à sa charge, le film a pris pour la presse italienne un caractère prophétique. Habemus papam n'était pas un grand film, mais il l'est devenu hier." Il fatto Quotidiano
" Habemus Papam s'avère sans doute être le film où cohabitent de la façon la plus inextricable et équilibrée les différents pôles morettiens : la mélancolie et l'irruption du burlesque, l'entreprise de réenchantement de l'existence et le difficile exercice de la responsabilité individuelle parmi une collectivité." Arnaud Hée, Critikat.com
" La deuxième image clé de l'année, c'est le balcon vide d’Habemus Papam. Peu importe que le pouvoir désigné ici soit religieux, ce qui compte c'est que le monde a perdu sa tête. Le pape qui recule, c'est l'homme politique aujourd'hui qui recule devant un monde qu'il ne sait plus gouverner. " Stéphane Delorme, L’année du chaos (2011)
" Moretti coupe l'herbe sous le pied de ses détracteurs en tournant le dos au pamphlet anticlérical attendu. (...) Michel Piccoli porte ses interrogations et ses doutes sur la foi, la psychanalyste, et plus largement la condition humaine." Julien Barcilon, Télé 7 Jours
" Après la charge anti-Berlusconi du Caïman, on savourait d’avance l’assaut mené par Nanni Moretti contre le Vatican. C’était oublier la malice d’un auteur définitivement insaisissable. Certes, ceux qui aiment les dialogues aiguisés du cinéaste retrouveront quelques saillies cocasses bien senties. Mais Habemus papam est loin d’être une simple comédie. C’est un drame, plutôt. Celui d’un homme qui se retrouve terrassé par le poids démesuré de sa nouvelle tâche et de son symbole. Dévoué à un être supérieur, il n’était pas supposé être rattrapé par des problèmes existentiels. Cette douleur, Michel Piccoli la subit puis la sublime. Lorsqu’il filme le protocole clérical, Moretti en magnifie la rigidité, dénichant la grâce dans la succession des gestes séculaires. Mais, quand il suit la fugue du pape ou le tournoi de volley organisé par le psy pour les cardinaux, la mise en scène se fait soudain aérienne. Cette humanité, ni le souverain pontife ni le film ne veulent y renoncer. Le succès de leur entreprise a tout d’un petit miracle." Philippe Jambert, Première
Interview de Nanni Moretti à propos d’ « Habemus Papam »
Quel a été le point de départ du film ?
Avec Federica Pontremoli et Francesco Piccolo, nous avons commencé à travailler simultanément sur différentes idées. Puis, dans un deuxième temps, nous avons choisi de développer le sujet de HABEMUS PAPAM. Il y a une scène qui a été pour nous le point de départ de toute l’histoire : un Pape venant d’être élu qui ne parvient pas à se présenter au balcon pour saluer les fidèles.
Avez-vous reçu une éducation religieuse ? Êtes-vous croyant ?
Mes parents étaient croyants et j’ai reçu une éducation catholique (sans exagération…). Moi, non, je ne suis pas croyant.
Le film est construit clairement entre deux parties : des séquences d’enfermement et d’autres de liberté. Comment sont nés cet équilibre et cette symétrie à l’écriture ?
Cela m’intéressait de faire coexister dans un même film la comédie et le drame, le registre grotesque et le registre réaliste. Fuyant le conclave de cardinaux qui est le fruit de notre imagination, mais dont nous avons respecté les vrais rituels et les liturgies, le Pape s’enfuit du Vatican. Il se promène dans la ville, où il entre en contact avec des réalités auxquelles il ne se confrontait pas depuis longtemps. Son errance dans Rome les portera, lui et le public, à se poser des questions. Le psychanalyste reste en revanche prisonnier dans le Vatican où, après une première phase d’égarement, il semblera même se trouver à son aise.
L’Église catholique a traversé récemment un certain nombre de scandales, l’attitude de ses dignitaires a été souvent critiquée, pourquoi ces débats sont-ils absents du film ?
J’essaie d’éviter de raconter au public ce à quoi il s’attend. Cela ne m’a jamais intéressé, à travers mes films, de réitérer ce que le public connaît déjà, je n’aime pas faire de clins d’œil au spectateur en le renvoyant à l’actualité. Sur les scandales qui concernent l’Église catholique (par exemple la pédophilie ou la finance) il existe des livres, des documentaires, des articles de journaux. J’ai préféré ne pas me faire conditionner par l’actualité. C’est une histoire inventée : mon film raconte mon Vatican, mon conclave, mes cardinaux.
Peut-on élargir le film au pouvoir politique en général ?
J’ai raconté à ma manière un monde bien précis, qui est celui du Vatican. Mais je pense que les thèmes du film et l’angoisse du personnage principal peuvent concerner également d’autres réalités, d’autres mondes, et toucher des spectateurs très éloignés des personnages que je mets en scène.
Voir / Écouter
- La bande-annonce du film (vidéo).
Ciné-club
Le film est en version originale sous-titrée. Il est présenté dans le cadre de Primissimo Piano, l'activité ciné-club de la Dante Alighieri,
Adhésion ciné-club (carte verte Interfilm valable pour la saison 2023-2024) : 1 € ; Carte offerte aux membres de la Dante Alighieri.
Merci de participer et à bientôt au cinéma !
Manifestation organisée grâce au soutien
du Conseil Départemental
de la Haute-Vienne
en partenariat avec l'Espace Noriac
(10, rue Jules Noriac)
