
Le mardi 6 février 2024 à 20h30
Farinelli, il castrato
Biopic (1h50) -1994
Réalisé par Gérard Corbiau
Ecrit par: Gérard Corbiau, Andrée Corbiau, Marcel Beaulieu
avec Stefano Dionisi, Enrico Lo Verso, Elsa Zylberstein
Nominations : César 1995 Meilleur son, meilleur décor
David di Donatello 1995 Meilleurs costumes
Golden Globes 1995 Meilleur film étranger
Naples, début du XVIIIe siècle. Pour que son jeune frère Carlo conserve sa voix cristalline au-delà de l’enfance, Riccardo Broschi parvient, sous prétexte d’un accident, à le priver de sa virilité. Désormais castrat, Carlo Broschi devient Farinelli, un chanteur lyrique dont la célébrité s’étend jusqu’en Angleterre. Si, en donnant de la voix dans un petit théâtre, il le sauve de la faillite, il s’attire aussi la convoitise du grand compositeur Haendel qui, en lui révélant la vérité sur la nature de son don, l’éloigne de son frère…

Gérard Corbiau est un réalisateur belge né le 19 septembre 1941. D’abord documentariste pour la télévision avant d’acquérir une notoriété internationale en 1987 grâce au Maître de Musique, son premier long-métrage de fiction, Gérard Corbiau affiche dans ses œuvres une passion pour l’art lyrique. Profitant du regain de popularité des biopics de personnalités historiques dans les années 1980-1990, le cinéaste combine cette tendance à son domaine de prédilection, la musique. Une association se révélant gagnante pour Farinelli qui fait plus d’un million d’entrées au moment de sa sortie en salles. En 2000, le Roi danse, qui retrace la jeunesse de Louis XIV, grand amateur de danse et de musique rencontrera également l’adhésion du public. © wikipedia.fr
Quelques (bonnes) critiques
" Le long métrage le plus célèbre du réalisateur belge Gérard Corbiau. Une œuvre très soignée sur la forme avec notamment des costumes flamboyants et des décors sublimes. Récompensé par le Golden Globe 1995 du meilleur film en langue étrangère et nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, Farinelli : Il Castrato vaut essentiellement le coup d’œil aujourd’hui pour l’originalité de son récit, troublant, et l’interprétation sensuelle et sensible d’Elsa Zylberstein. " Télérama
" Farinelli de son vrai nom Carlo Broschi est un castrat italien au prodigieux talent de chanteur qui connut la gloire au XVIIIᵉ siècle en Europe. En 1993, le réalisateur Gérard Corbiau tira un film romancé et subtil au sujet du Soprane aux trois octaves. Dans ce film, Farinelli est présenté comme une rock star à la trajectoire mouvementée et douloureuse. Le chanteur est à la fois adulé et moqué par les femmes. Les relations avec son frère ainé, Riccardo Broschi, compositeur, sont complexes et malsaines. Fascination et tensions artistiques, mensonge, relations partagées avec les femmes font partie de leur duo artistique. Farinelli connait la gloire notamment à Londres malgré la concurrence du King’s Theatre dirigé par Haendel qu’il admire et l’Opera of the Nobility dirigé par Porpora, son maitre de chant. Le scénario et particulièrement sa fin réserve quelques surprises. " L’I-N-F-L-U-X
" Les films portés par l'amour de la musique sont rares et la réalisation de Farinelli : il castrato doit beaucoup à la passion et à la détermination de son réalisateur Gérard Corbiau, associé à sa courageuse productrice Véra Belmont. L'intrigue est surtout un prétexte à mettre en valeur la figure historique de Farinelli et surtout sa voix reconstituée avec soin. Le scénario prend de nombreuses libertés avec la réalité historique en construisant le nœud de l'intrigue sur la dépendance malsaine qui lie les deux frères… L'usage de la castration humaine est évoqué avec son traumatisme comme ressort scénaristique mais n'est pas un enjeu sociétal pour saisir à quel point cette pratique était alors instituée. Pour cette raison, le film vaut avant tout pour la découverte de son personnage éponyme et la beauté de la mise en scène de sa voix." Cédric Lépine, Le club de Mediapart
" Avec Farinelli, Gérard Corbiau, doté d'importants moyens, aborde les grandes réalisations. Deux Césars et une nomination aux Oscars ont, à juste titre, récompensé sa réussite esthétique, tant visuelle que musicale. La reconstitution d'époque est enthousiasmante, les costumes sont riches, les décors somptueux, mais cette luxuriance n'étouffe heureusement pas l'histoire tragique de ces deux frères, pathologiquement unis dans la réussite comme dans la dualité amour-haine.
Outre le tour de force technique qui, grâce au mixage sur ordinateur d'une voix de Haute-Contre (Derek Lee Ragin) et d'une Soprano Colorature (Ewa Godlewska), a permis de donner existence à une voix de castrat qui n'a plus cours, et ce, avec une vraisemblance bluffante, il est indispensable de saluer le choix idéal de Stefano Dionisi pour incarner Carlo. Tour à tour violent, passif, consumé par sa mutilation, devenu le jouet de Riccardo, dont la valeur personnelle est suspendue à la réussite de son frère, il apporte une présence magnétique à son personnage, jusque dans les moments d'absence dépressive. Evoquant, par instants, le manège pervers des jumeaux de "Faux-semblants", la relation des deux artistes se développe avec subtilité sur fond d'une rivalité musicale qui, elle, fait obligatoirement penser au génial "Amadeus". Il est bien sûr impossible de comparer les deux œuvres, dont l'approche est différente. Si l'on sentait passer, dans le film de Miloš Forman, le souffle de l'inspiration et de la création qui enflammait Mozart, ce n'est pas vraiment le cas ici. Haendel, (interprété par Jeroen Krabbe, décidément habitué à cette époque aux rôles de musiciens, puisqu'il interprétait, la même année, Schindler dans un "Ludwig van B." pour le moins désappointant), se trouve, lui aussi, méprisé, piétiné, par les aristocrates imbéciles qui, pour des raisons n'ayant aucun rapport avec la musique, ont décidé de porter aux nues le très oublié Porpora. Mais l'intérêt se porte bien davantage sur le drame intime des deux frères Broschi, qui, tels des Siamois, chemineront comme un être unique jusqu'à ce qu'une prise de conscience, à la fois artistique et psychologique, brise à jamais leur union morbide.
Classique dans sa mise en scène, le film brille cependant par sa forme rutilante et par sa trame dramatique qui, loin d'être un prétexte, se révèle tout à la fois féconde, fascinante et, quelquefois surprenante, à l'image de ce petit adolescent paralysé, regorgeant d'amour pour celui qu'il voudrait voir remplacer son père..." Bernard Sellier imagesetmots.fr
" La voix du castrat Carlo Broschi dit Farinelli, né à Naples en 1705, dépassait trois octaves. Réalisé à l'occasion du tournage par Gérard Corbiau de l'histoire de cet être exceptionnel, ce document permet de découvrir comment, en associant les voix d'un homme et d'une femme, des techniciens ont fait naître un timbre qui jusqu'alors n'appartenait qu'à la légende.
Derek Lee Ragin et Eva Mallas Godlewska ont accepté l'impensable pour des chanteurs. Pour recréer la voix surhumaine que l'on attribuait à Farinelli, l'ingénieur du son Jean-Claude Gaberel, s'est servi des aigus de la soprano et des graves du contre-ténor. Après sept mois d'un travail minutieux sur les ordinateurs de l'IRCAM, est née la première voix au monde reconstituée, non synthétique. Le résultat est troublant : les prouesses vocales du castrat considéré comme le plus grand chanteur de son siècle nous parviennent comme dans un rêve vieux de deux siècles."
Mario Fanfani film-documentaire.fr
Voir / Écouter
- La bande-annonce du film (vidéo).
Ciné-club
Le film est en version originale sous-titrée. Il est présenté dans le cadre de Primissimo Piano, l'activité ciné-club de la Dante Alighieri,
Adhésion ciné-club (carte verte Interfilm valable pour la saison 2023-2024) : 1 € ; Carte offerte aux membres de la Dante Alighieri.
Merci de participer et à bientôt au cinéma !
Manifestation organisée grâce au soutien
du Conseil Départemental
de la Haute-Vienne
en partenariat avec l'Espace Noriac
(10, rue Jules Noriac)
