Affiche du film

 

Le lundi 10 février

à 20h30

Espace Noriac

APRÈS LA GUERRE
Dopo la guerra
 Un film de Annarita Zambrano (Drame, 2017, 92 min).    
Avec Giuseppe Battiston, Barbora Bobulova, Charlotte Cétaire...
Scénario Annarita Zambrano, Delphine Agut

 
Bologne 2002. La contestation contre la réforme du code du travail gronde à l’université. Un professeur est abattu par un terroriste se réclamant d’un mouvement du début des années 1980. Du coup, la justice s’intéresse à Marco Lamberti, initiateur de ce mouvement et en exil en France depuis vingt ans, mais aussi à sa famille restée en Italie. La France rompt avec la « doctrine Mitterrand » qui garantissait l’asile politique aux anciens terroristes italiens et accepte de l’extrader en Italie. Marco avec sa fille âgée de 16 ans, Viola, s’enfuit de Paris et trouve refuge dans une maison isolée en forêt. Marco accorde une interview à une journaliste relayée par la presse italienne, ce qui relance un déchaînement de haine à son égard et bouleverse aussi la vie de sa mère et de sa sœur Anna, bien qu’elles aient perdu tout contact avec lui. Marco se procure des faux papiers et prépare son expatriation au Nicaragua qui se dit prêt à les accueillir, mais il ne prête aucune attention à Viola qui, en pleine adolescence, voit avec horreur sa vie basculer.

 

 

photo du réalisateur

 

 

Annarita Zambrano (Rome, 1972) arrive en France via le programme Erasmus et s'établit à Paris après son doctorat. Elle débute la réalisation en 2006 avec le court-métrage La troisième fois qui initie une collaboration avec Stéphanie Douet (Sensito Films) et la scénariste Delphine Agut. Elle a depuis tourné divers courts-métrages et en 2014 L'âme noire du Guépard, un documentaire sur le film de Visconti. En 2017, elle réalise son premier long métrage, Dopo la guerra (Après la guerre). Son deuxième long métrage Rossosperanza, est présenté en compétition au Locarno Film Festival en 2023.

 

 

 « Les terroristes qui se trouvaient en France refusaient leur condamnation, car ils disaient qu’ils avaient mené une guerre civile. De son côté la France affirmait que les lois spéciales antiterrorisme proclamées en Italie étaient anticonstitutionnelles. Mon film est une réflexion sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. C’est trop facile de décider de ce qui est juste ou pas. Il y a les raisons humaines et les raisons politiques et j’ai décidé d’aborder ce thème par le biais de l’humain qui peut amener à se tromper. Le jugement que je porte ne concerne pas les prises de position mais l’entourage familial, son mode de vie, sa façon de se cacher dans une belle maison et de se croire à l’abri de la violence. Ce sont des victimes, mais c’est parfois une posture facile. » Annarita Zambrano, propos recueillis par Paola Medora, Pianeta Donna

Prix et festivals
Sélection officielle Un Certain regard, Cannes 2017
Prix Spécial du Jury - Grand Prix SOPADIN 2015
Lauréat 2015 Fondation Gan pour le Cinéma
Sélection Lecture de Scénario - Festival Premiers Plans d'Angers
Annarita Zambrano a été lauréate d’Emergence.

Quelques (bonnes) critiques

" S’ouvrant sur une sidérante scène de rébellion contre la loi travail à la Fac de Bologne en 2002, « Après la guerre » s’intéresse aux répercussions intimes des « années de plomb », en Italie, à travers Marco, un ex-militant de l’extrême gauche italienne qui, pour s’être compromis dans des attentats terroristes, a été obligé de fuir son pays et de s’installer dans les Landes avec sa fille Viola, devenue adolescente. Les Italiens furent nombreux à s’exiler en France, profitant de ce qu’on a appelé la Doctrine Mitterrand : le Président des Français s’était alors engagé à ne pas extrader les réfugiés politiques condamnés dans leur pays…  Contrairement à de multiples films construits autour des événements de cette atroce période italienne, « Après la guerre » s’attache à la génération qui a suivi, celle des enfants de ceux qui s’étaient engagés à fond dans l’action. Ils en subissent le contre coup, alors qu’ils ne se sentent pas concernés."                         Caroline Boudet-Lefort (Art Cote d'Azur)

" Ce film assez spartiate et austère vise juste dans son expression de la déchirure que provoque cet épisode politique au sein d’une famille. Victimes collatérales, les proches du militant font les frais de son engagement et de son intransigeance. Son discours de combat est désormais hors-sol, déconnecté de la réalité.
Les comédiens sont remarquablement justes... "   Pierre-Yves Grenu (France info Culture)                                                     

" La réalisatrice parvient avec beaucoup de sensibilité à évoquer les plaies provoquées au sein même des familles. Les relations entre Marco et sa fille, interprétée par la très lumineuse Charlotte Cétaire, née en France qui se rebelle contre cet héritage sont particulièrement touchantes. Tout comme le poids de la culpabilité qui continue à être supporté par sa mère et sa sœur, restées, elles, en Italie."  Céline Rouden (La Croix)

" Annarita Zambrano aborde de façon originale et collatérale ce sujet plombé du terrorisme italien. Originale, car le regard se place à une sacrée distance, deux décennies. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'image romantique du terroriste d'extrême gauche qui sacrifie sa vie pour la bonne cause - ouvrière, palestinienne… - est sérieusement écornée. En 20 ans, l'homme n'a pas évolué, n'a pas questionné ses certitudes, n'a pas pris la mesure de ses actes et de leurs conséquences. Pas même les plus directes comme l'existence de pestiféré qu'il a imposé aux membres de sa famille restés en Italie et plus encore sa propre fille née avec lui en exil. A 16 ans, alors qu'elle découvre son corps, son charme, la voici brutalement arrachée à ses études, à ses copines, à son premier flirt par un père qui se comporte en leader politique. La métaphore est basique, sans doute, mais elle fonctionne. En confiant le rôle à Giuseppe Battiston, formidable acteur passablement enveloppé, la cinéaste montre combien il pèse, il écrase même l'existence de ses proches avec son discours égoïste. De façon très humaine, très réaliste, très subtile, Annarita Zambrano éclaire le destin de ces victimes honteuses et invisibles du terrorisme, celles qui paient pour les actes et les aveuglements de leurs proches. "  Fernand Denis (La Libre)

" Ambitieux et rigoureux, ce premier long métrage d'Annarita Zambrano fait revivre une certaine idée du grand cinéma politique italien (MAIN BASSE SUR LA VILLE, CADAVRES EXQUIS, L'AFFAIRE ALDO MORO) en la mariant avec une approche intimiste et familiale émouvante. Porté par une mise en scène naturaliste et sobre, aux éclairages naturels véristes, le film, souvent cadré en plans fixes, explore les répercussions des actes violents sur l'entourage de ceux qui les commettent. Et ce, même des années plus tard, creusant l'idée d'un héritage de la violence de génération en génération. Fort de cet angle original et dense, le récit atteint un bel équilibre entre les dimensions personnelles et sociopolitiques, jusqu'à un dernier tiers moins énergique et plus sentimental, avec son dénouement un rien tiré par les cheveux. Dans les rôles principaux, Giuseppe Battiston (PAIN, TULIPES ET COMÉDIE) a beaucoup de présence et la jeune Charlotte Cétaire fait montre d'une sensibilité touchante."    Helen Faradji  (Mediafilm.ca)

" L’existence d’Annarita, née à Rome et vivant en France depuis vingt ans, est à l’image de son film, Dopo la Guerra, histoire tragique entre deux pays, deux générations et deux familles italienne et française. En effet, après la guerre, c’est encore la guerre. Il ne suffit pas pour ceux, dissociés, repentis, prisonniers ou exilés, tous actifs dans divers mouvements proches des Brigades rouges, de s’être pour la plupart mariés, d’avoir eu des enfants pour que leur vie continue calme et tranquille. Il suffit de se souvenir du cas de Cesare Battisti, membre des PAC (Prolétaires armés pour le communisme), exilé en France en bénéficiant de la « doctrine Mitterrand » puis menacé d’extradition, alors qu’il était devenu un écrivain reconnu, en 2004 sous la présidence de Chirac et toujours réfugié au Brésil. Née en 1972, Annarita est issue de cette guerre et revisite son histoire d’enfance vécue alors dans le terrorisme quotidien, posant la question d’une justice appliquée entre deux pays, l’Italie et la France, dont les lois n’ont pas le même esprit. Ce qui est considéré comme terrorisme dans l’un est jugé dans un contexte de guerre civile dans l’autre. À partir du meurtre du juge Marco Biagi en 2002, dont Annarita s’est inspirée, elle fait œuvre politique et philosophique sur la prédestination tragique des enfants à payer pour leurs pères, issus souvent d’une classe bourgeoise et écrasante de passivité. L’Enfer de Dante n’est jamais loin. La mise en scène grandiose d’Annarita Zambrano renoue avec la grande tradition du cinéma politique italien façon Elio Petri. "   Michèle Levieux  (L'Humanité)

Voir / Écouter

Ciné-club

Le film est en version originale sous-titrée. Il est présenté dans le cadre de Primissimo Piano, l'activité ciné-club de la Dante Alighieri,

Adhésion ciné-club INTER FILM valable pour la saison 2024-2025 : 1 € ; Adhésion offerte aux membres de la Dante Alighieri.

Participation aux frais : 5 €, réduit 2€ (Étudiants, DE, <18 ans).

 

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