Affiche du film

 

Le mardi 10 février

à 20h30

Espace Noriac


Mes chers amis
Amici miei 

Comédie mélancolique de Mario Monicelli (1976, 2h20). 
Scénario :  Pietro Germi, Piero De Bernardi, Leo Benvenuti, Tullio Pinelli
Avec  Avec : Ugo Tognazzi (Lello Mascetti), Gastone Moschin (Rambaldo Melandri), Philippe Noiret (Giorgio Perozzi), Duilio del Prete (Necchi), Olga Karlatos (Donatella), Silvia Dionisio (Titti), Franca Tamantini (Carmen), Angela Goodwin (la femme de Perozzi), Milena Vukotic (Alice Mascetti), Bernard Blier (Righi)

Melandri est architecte, Perozzi journaliste, Necchi est propriétaire d'un café, Sassaroli est chirurgien et Mascetti, noble ruiné, ne fait rien.

Tous les cinq ont entre quarante et cinquante ans, une vie sentimentale agitée - Perozzi est séparé de sa femme et nanti d'un fils arriviste; Melandri est l'amant de Donatella Sassaroli; quant à Mascetti, sa femme et sa fille en vacances perpétuelles à la mer faute d'argent pour rentrer, il a pour maîtresse Titti, une étudiante mineure - et un sens de l'humour aussi fort que leur scepticisme à l'égard des hommes et de la vie.

Leur grande et seule distraction, c'est de partir ensemble pour une de ces "virées tziganes" au cours desquelles ils montent des farces énormes et parfois cruelles. Par exemple, ils se font passer pour des entrepreneurs de travaux publics, investissent un village, délimitent le tracé d'une autoroute imaginaire et donnent aux habitants l'ordre de détruire les maisons qui gênent. Ou encore, ils giflent à tour de bras les visages des voyageurs penchés par tes fenêtres au départ d'un train. Mais la pire de ces farces, c'est de se faire passer pour des trafiquants de drogue et d'admettre dans leur bande un retraité timide et cupide, Righi, qu'ils affolent complètement. Et la vie va ainsi, de virée en virée, jusqu'à ce que l'un d'eux, Perozzi, succombe à une crise cardiaque. Mais ne vaut-il pas mieux prendre cette mort comme une nouvelle farce et faire semblant d'en rire ? ( Ciné-Club de Caen)

 

photo du réalisateur

Mario Monicelli est né à Viareggio (Toscane) le 16 mai 1915. Fils d'un journaliste et critique de théâtre (Tomaso Monicelli), il étudie l'histoire et la philosophie à l'université de Pise et de Milan. Il fait ses débuts comme critique en 1932. En 1933, il écrit plusieurs articles dans la revue " Camminare". Deux ans plus tard, il dirige et produit avec Alberto Mondadori un long métrage 16 mm. I Ragazzi della via paal qui obtient le 1er prix à la Mostra à Venise. Pendant quatre années successives, Mario Monicelli co-réalise huit films avec Steno.

C'est à partir de 1953 qu'il réalise seul ses films. En 1958 Le pigeon lui vaut de remporter un énorme succès, et concrétise désormais sa carrière de metteur en scène.

A la fin de l'année 1974, son ami Pietro Germi lui confie la réalisation de Mes chers amis, étant lui-même en trop mauvaise santé pour participer au tournage. Le film est remporte un grand succès en Italie et Monicelli reçoit en 1975 son premier David Di Donatello de meilleur réalisateur.

Le réalisateur se suicide le 29 novembre 2010 en sautant par la fenêtre de sa chambre de l'hôpital San Giovanni, à Rome, où il était soigné pour un cancer en phase terminale.

Quelques (bonnes) critiques

" Les trois mousquetaires étaient quatre. Eux, ces quatre copains de Florence, quadragénaires (Philippe Noiret, Ugo Tognazzi, Gaston Mochine et Duilio del Prete), qui, lorsque le cafard les prend trop fort, s'en vont faire ce qu'ils appellent des " virées tziganes ", ils sont cinq, pour avoir, un jour, attiré vers leur groupe un honorable chirurgien (Adolfo Celi), dont la femme (Olga Karlatos) avait d'ailleurs été séduite par un des membres de la bande et s'était révélée encombrante. Cinq " vitelloni " montés en graine, qui semblent venir prendre la succession des personnages que Fellini avait, il y a vingt-cinq ans, tirés de ses souvenirs d'adolescence.

Le cinéma italien possède, décidément, une vitalité extraordinaire. On parle de Fellini, et c'est, peut-être, une filiation. Mais ce film a été conçu et écrit par Pietro Germi, l'un des " grands " de la comédie italienne, qui, gravement malade, demanda à Mario Monicelli de le réaliser à sa place, pour lui, Germi mourut le premier jour du tournage. Mais le film existe ; l'élan n'a pas été brisé. Et, dans cette comédie, irrespectueuse à l'égard du mariage, de la famille, de la religion et des institutions, toute une " génération perdue " a pu se reconnaître comme dans le film d'Ettore Scola. Nous nous sommes tant aimés. Même s'il n'y a pas, ici, de repères historiques et politiques évidents, c'est le même " mal de vivre ", le même désenchantement, face à la société.

[...]

La comédie italienne pratique le " mélange des genres " avec une virtuosité qui laisse pantois. Monicelli nous transporte, ainsi, du rire débridé à la buée des larmes, dans un changement de ton, d'atmosphère, feutré. Chacun de ces copains, qui semblent n'accorder d'importance qu'à l'amitié et aux joyeuses équipées décidées en commun, est atteint d'une blessure secrète qu'un détail vient, au détour d'une séquence comique, brusquement révéler : la femme et la fille de Mascetti, " oubliées " dans un village depuis l'été, ou l'enfant défunt de Necchi, par exemple. Chacun d'eux fuit la solitude l'échec, la mort. Et plus on rit, plus on se sent près des larmes. Le contraire est vrai aussi. Lorsque Perozzi meurt pour de bon, les autres suivent son cortège funèbre en riant au souvenir d'une bonne plaisanterie qu'ils firent ensemble. Comment ne pas rire avec eux ?

Ce ton, qui est inimitable, Monicelli le pratique, pour son compte, avec une finesse aussi éloignée du grotesque de Dino Risi que des élégantes arabesques de Luigi Comencini. Du chaud au froid, de l'humour à la gravité, Monicelli fait vibrer une gamme de rires et d'émotions, de profonde humanité, qui nous rend proches-complices-de ces hommes de quarante, quarante-cinq ans, acharnés à trouver le plaisir de vivre dans les plaisanteries d'une adolescence lointaine, dépassée et pourtant si chère qu'elle en devient, aux portes de la mort redoutée, une innocence recréée sur une dernière farce."                   Jacques Siclier (Le Monde)

" Ironie, tendresse et désespoir sont au rendez-vous dans ce classique de la comédie italienne..

Ils ont cinquante ans et ils font les quatre cents coups depuis leur jeunesse. Mais leurs meilleures années sont déjà derrière eux et ils ne savent comment profiter encore un peu de la vie. Alors, ils s'organisent comme de vieux célibataires, ils larguent les amarres au petit matin, ils envoient paître femmes, enfants et gros chien et ils prennent le large, bien décidés à emmerder le monde, à multiplier les canulars, les private jokes, à retrouver, ne serait-ce qu'une journée, l'illusion de leurs vingt ans et d'un sens à une vie qui leur file entre les doigts. Et vogue la galère, même si leur teuf-teuf finit droit dans un arbre, ce qui leur vaut un séjour inattendu, mais plein de surprises à l'hôpital. Car c'est surpris qu'ils veulent être. "   François-Guillaume Lorrain (Le Point)

" A Florence, cinq quinquagénaires se retrouvent régulièrement pour faire des virées au cours desquelles ils se livrent à des mystifications ou des plaisanteries diverses… L’idée de départ de Mes chers amis avait été développée par Pietro Germi qui demanda, peu avant sa mort, à son ami Mario Monicelli de le tourner à sa place. C’est une comédie teintée d’une certaine tristesse : si leurs blagues de potaches sont amusantes, ces cinq farceurs sont des êtres désespérés, cherchant à combler le vide de leur existence, à oublier le fait qu’ils aient totalement raté leur vie. A ce sujet, il est assez étonnant que le film ait été accusé de misogynie car c’est plutôt l’inverse. Ces cinq quinquagénaires enfouissent leurs frustrations, leur sentiment d’incapacité au bonheur sous une conception légère de la vie, prétextant qu’elle ne doit pas être prise au sérieux. Le film est ainsi un bel exemple de cette capacité de la comédie italienne à apporter une certaine profondeur dans le propos, à provoquer une réflexion chez les spectateurs. Mes chers amis a été un énorme succès en Italie. "       L'Oeil sur l'écran

" Provocatrice, hargneuse et cruelle dans l’expression de son humour dévastateur, la comédie à l’italienne est portée par une exceptionnelle génération de comédiens transformistes (Mastroianni, Gassman, Alberto Sordi) et de cinéastes n’attendant que cette ouverture pour enfin donner leur pleine mesure comme Dino Risi et donc Mario Monicelli. Le message social est là mais asséné avec un ton qui parle au public et rend donc le sérieux d’un Pietro Germi quelque peu désuet. Le cinéaste entamera ainsi une longue réflexion et remise en question durant l’écriture de Divorce à l’italienne (au départ pensé comme un film sérieux), où les discussions avec Mario Monicelli le convaincront de donner un tour plus amusé mais tout aussi vindicatif à ses œuvres. Le film triomphera auprès du public et de la critique, bientôt suivi par Séduite et abandonnée (1964) et Ces messieurs-dames (1966) où les sujets audacieux et l’esprit caustique de Germi font merveille. Au début des années 70, le prestige de Pietro Germi demeure intact malgré l’accueil plus mitigé des œuvres ayant suivi Ces messieurs-dames tandis que Mario Monicelli aura signé des œuvres plaisantes (le savoureux Casanova 70) mais plus mineures, exception fait du diptyque L'Armée Brancaleone / Brancaleone s'en va-t'aux croisades (1966 et 1970) et Renzo et Luciana, merveilleux segment honteusement coupé par Carlo Ponti dans le film à sketches Boccace 70 (1962). 
Pietro Germi avait le sujet en or de Mes chers amis pour se relancer, mais trop affaibli par la maladie et se sachant condamné décida d'en confier la réalisation à son ami Mario Monicelli (auquel dix ans plus tôt, et à nouveau en pleine crise personnelle, il tenta d'offrir Signore & Signori avant de reprendre le projet avec le résultat que l'on sait). Le film est donc un hommage de Monicelli à son ami disparu et bien difficile de démêler les apports de chacun. Le film dans sa narration plus lâche aurait constitué une vraie révolution pour un Germi, habitué dans ses comédies à s’articuler autour d’un grand sujet sociétal, tandis que Monicelli est un maître dans ce type de récit qui donne faussement l’impression de ne pas avancer pour se révéler à nous de manière cinglante (le final de La Grande Guerre notamment). L'institution du mariage, aliénante pour des hommes immatures en quête d'ailleurs, fut déjà malmenée dans Divorce à l’italienne et dans l'un des segments de Signore & Signori avec Gaston Moschin qu'on retrouve ici au casting. L'ironie mordante et le désespoir latent qui traversent le film sont aussi du pur Germi tandis que la tendresse, la formidable gestion et la complicité du groupe d'acteurs ainsi que la drôlerie en toute chose sont typiques de la patte de Monicelli. En tout cas l'union des deux hommes donne un résultat jubilatoire. 
Sans ligne narrative définie, le récit accompagne les facéties de cinq quinquagénaires, qui pour contrebalancer un quotidien morne ont décidé de s'amuser de tout. Pour ce faire, ils s'engagent dans des périples rocambolesques et improvisés appelés tziganeries où ils multiplient les blagues potaches. Au fil des différents périples se dessine le portrait de chacun et c'est à celui qui se disputera l'existence la plus pathétique. On y trouve notre narrateur Perrozi (Philippe Noiret) journaliste solitaire méprisé par son fils terre à terre, le noble déchu et embrouilleur de première Macetti (Ugo Tognazzi), l'architecte doux rêveur Melandri (Gaston Moschin), le propriétaire de bar Necchi (Diulio Del Prete, moins fouillé que les autres) et le chirurgien farceur Sassaroli (Adolfo Celli). Le film s'inscrit dans la veine de ces films italiens des années 70 dépeignant une génération usée, revenue de tout et ne croyant plus en rien sinon se réfugier dans leur souvenirs (Nous nous sommes tant aimés de Scola) ou le suicide (La Grande bouffe de Ferreri). A la mélancolie et au nihilisme de ces œuvres, Monicelli oppose un humour dévastateur et offre une des comédies italiennes les plus drôles, inventives et irrévérencieuses de l'âge d'or. Les situations vont du plus simple et immédiatement tordant (le gag des baffes dans la gare, énorme) au plus alambiqué et tout aussi hilarant (le long canular final avec le malheureux Bernard Blier en apprenti dealer). Les acteurs s'en donnent à cœur joie lors de moments comiques étincelants tel cet hôpital traversé d'un tsunami par le passage des compères, les gags les plus visuels laissant place aussi à une inventivité verbale constante, notamment le phrasé improbable de Tognazzi qui en rendra fou plus d'un. Sous l'humour un profond malaise se fait sentir néanmoins, autant par les comportements peu reluisant des héros que par cette société terne qui n'a plus rien à offrir. Le machisme et la vulgarité sont autant sources de rire que de vraie cruauté avec des personnages féminins tour à tour victimes (Milena Vukotic épouse sacrifiée de Tognazzi), harpies (l'amour de Moschin qui passe de la douceur romantique à l'exigence matérielle) ou bel objet indifférent avec la jeune et belle Titti. Le seul refuge sera donc le rire pour les héros dès lors vus sous un jour fort pathétique. Toutes leurs facéties ne sont qu'une sorte de baroud d'honneur rigolard en attendant la fin, qui va survenir de manière inattendue lors de la conclusion. Mais là aussi la tristesse passée, l'important reste de s'amuser : la preuve par une ultime scène où on aura rarement autant ri à un enterrement."   Justin Kwedi DVDCLASSIK 

Voir / Écouter

La bande annonce du film.
Mario Monicelli, clowns tristes et tristes clowns. Une étude de Apolline Caron-Ottavi. Cinémathèque du Québec.
Le film a eu une descendance Mes chers amis 2 sorti en France en 1984 et Mes chers amis 3 sorti seulement en Italie en 1085.
Voici les bandes annonces : Amici miei atto II  et Amici miei atto III

 

Ciné-club

logo PP t 300dpi Le film est en version originale sous-titrée. Il est présenté dans le cadre de Primissimo Piano, l'activité ciné-club de la Dante Alighieri.
Adhésion ciné-club INTER FILM valable pour la saison 2025-2026 : 1 € . Adhésion offerte aux membres de la Dante Alighieri.
Participation aux frais : 5 €, réduit 2€ (Étudiants, DE, <18 ans).

 Merci de participer et à bientôt au cinéma !

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