Affiche du film

 

Le mardi 6 mai

à 20h30

Espace Noriac

Caterina va en ville


Caterina va in città


Comédie dramatique de Paolo Virzi (2003, 1h43).
Écrit par Francesco Bruni et Paolo Virzi
avec Sergio Castellitto, Alice Teghil, Frederica Sbrenna, Carolina Laquaniello, Bernardo Bertolucci, Quincy Jones...

Caterina, une adolescente de treize ans, s'installe à Rome avec sa famille. Son père est un professeur autoritaire et frustré, révolté par la société qui le rejette. Caterina, de son côté, découvre les enfants de l'intelligentsia et de la haute bourgeoisie romaine qui reproduisent les choix " politiques de leurs parents. Mais, sa spontanéité lui attire vite la sympathie de Margherita, la fille d'un célèbre intellectuel, et de Daniela, dont le père est un membre influent du gouvernement.

 

 

photo du réalisateur

 

 

Paolo Virzi, né à Livourne en 1964, est diplômé du Centro sperimentale di cinematografia. Il collabore à l'écriture de scénarii pour Giuliano Montaldo, Gabriele Salvatores, Felice Farina. Avec seize films à son actif depuis 1994, il est considéré comme l’héritier de la tradition de la comédie à l’italienne : La bella vita (1994), Ferie d'agosto (1996), Ovosodo (1997), My Name Is Tanino (2002),  Caterina va in città (2003)… En 2018 avec Notti magiche il signe un véritable hommage au cinéma italien de l’âge d’or. Il aborde également des sujets plus graves comme dans Les opportunistes (2010), The Leisure Seeker (2017, L'Échappée belle), ou encore Siccità (2022). En 2024 il réalise Un altro ferragosto, une suite à Ferie d'agosto, sortie il y a 28 ans. 

Voir sa biographie complète sur Wikipédia, l'indispensable encyclopédie libre et non faussée  ♥ .

 

 

Quelques (bonnes) critiques

" Caterina va en ville : une fable politique déguisée en comédie adolescente
Paolo Virzì filme le désarroi d'une jeune fille fraîchement arrivée à Rome, où se déchirent la gauche mondaine et la droite berlusconienne.
Entre une mère idiote et un père dangereusement mégalomane, Caterina (Alice Teghil), 13 ans, a bien du mal à grandir. Lorsque sa famille quitte son petit village du Nord pour s'installer à Rome, la jeune fille se retrouve projetée dans un monde inconnu et excitant, et tout l'équilibre familial se trouve ébranlé. Cette trame classique, qui brode autour du thème familier de la montée à la capitale, permet d'abord au cinéaste Paolo Virzì de renouer avec le genre qui fit la gloire du cinéma italien : la comédie.
Giancarlo, le père, figure tragi-comique absorbée par d'absurdes rêves de grandeur, capable d'emportements soudains, aurait été joué, à une autre époque, par Mastroianni, Gassman ou Tognazzi. Sergio Castellitto fait de son interprétation un hommage appuyé, parfois presque parodique, à ces acteurs, dont les excès théâtraux sont dans toutes les mémoires. Quant à la mère, Agata (Margherita Buy), méprisée par ce mari trop ambitieux, sa bêtise donne lieu à quelques échanges d'une drôlerie cruelle.
Dans ce registre si particulier où l'humour le dispute à l'amertume, Virzì fait montre d'un joli talent, que limite une certaine propension à souligner chaque effet en espérant en décupler le pouvoir comique. Caterina va en ville n'est pas vraiment un film léger, mais, après tout, les plus grandes comédies italiennes - disons Divorce à l'italienne de Pietro Germi, ou L'Argent de la vieille, de Luigi Comencini - ne pouvaient guère prétendre à cette qualité. Caterina... tente donc, sans jamais y parvenir tout à fait, d'insuffler une ardeur nouvelle à un genre exsangue. Ce qui fait son intérêt spécifique, c'est le matériau politique qu'emploie pour ce faire le cinéaste.
Dans la nouvelle classe de Caterina, comme dans l'Italie contemporaine, il y a une frontière nette entre gauche et droite. Caterina est une figure (absolument irréaliste mais bien commode pour la limpidité de la métaphore) de l'innocence politique. Vierge de tout préjugé, elle se laisse séduire par Margherita (Carolina Iaquaniello), fille d'une intellectuelle "qu'on voit toujours à la télé, aux girotondi", autrement dit aux rondes citoyennes organisées par des politiques et des artistes (on voit ici Roberto Benigni) pour protester contre le gouvernement Berlusconi."        Florence Colombani  (Le Monde)

                                              

Paolo Virzi est de retour. Après son voyage américain en compagnie du jeune Tanino, il rentre s’amuser au pays avec Caterina va in città .
Abandonnant les douces collines de sa Toscane natale et débarquant à Rome, il déracine sa jeune héroïne du pays où elle est née et a grandi, pour la jeter en pâture à la capitale, où l’indifférence règne souverainement et où le pouvoir à l’école comme en politique est divisé entre ‘zecche’ et ‘pariolini’ (intellectuels de gauche et grande bourgeoisie de droite). Avec elle, son père Giancarlo (Sergio Castellitto), professeur de compatabilité qui nourrit des ambitions intellectuelles et personnelles, et sa mère Agata (Margherita Buy), une femme provinciale à l’esprit infantile.
Ainsi, la jeune fille au regard perdu et en permanence étonné, se retrouve au beau milieu d’une tempête, tant sont nombreux les changements auxquels elle est soumise. Immergée dans l’insouciance d’une ville qui s’agite sans lui consacrer un seul regard, Caterina affronte sa nouvelle vie avec la même innocence qui l’accompagne quand elle se rapproche des mondes différents (mais seulement en apparence) de ses condisciples d’école. Et au milieu d’un tourbillon de personnes et d’événements d’autant plus déroutants, elle demeure comme protégée par sa nature simple et confiante.
Comme dans ses films précédents, le réalisateur toscan aborde de nombreux thèmes. A son approfondissement en fin connaisseur du monde des adolescents, il ajoute celui des difficultés des adultes à se sentir exister au milieu des autres. Et à travers une multitude de personnages traités avec rigueur et dont l’essence est rapidement cernée, il décrit avec justesse les milieux sociaux les plus divers. “Giancarlo, le père de Caterina par exemple” a expliqué le réalisateur à l’occasion de la conférence de presse donnée à Rome pour la sortie du film en Italie, “ représente dans son agitation désespérée et douloureuse, un sentiment plutôt emblématique de cette époque, à savoir l’exclusion du ‘camp de ceux qui savent vivre dans ce monde’, comme il le dit à un moment du film”.
Mais il y a aussi l’homme politique Manlio Germano, interprété par un excellent Claudio Amendola, qui évolue dans cette classe politique qui a la responsabilité de diriger le pays, même s’il éprouve une certaine gêne face aux manifestations inopportunes de l’orgueil ‘fasciste’. Le tout sans oublier les intellectuels aux convictions opposées, incarnés par Galatea Ranzi ou par Flavio Bucci, qui dirigent le pays d’une manière différente, mais avec la même poigne.
“ Mais l’idée principale du film était celle de traverser l’Italie d’aujourd’hui, et même plus, la Rome d’aujourd’hui, à travers le regard innocent d’une adolescente” a souligné Virzi .“Je ne voulais pas parler de politique mais de la manière d’affronter la vie d’une famille de la moyenne bourgeoisie aux prises avec une réalité qui, dans le cas de Giancarlo, est affrontée avec rancœur, et dans celui de Caterina au contraire, avec un regard ingénu mais fondamentalement plus optimiste”.  Valeria Chiari  CINEUROPA

Caterina va en ville aborde la crise d’adolescence, mais aussi la crise politique et sociale. Quel aspect a selon vous contribué au succès du film en Italie ?
" Les deux. Le film y a relancé à la fois le débat sur les relations parents-enfants, avec des adultes finalement plus infantiles et des adolescents plus mûrs qu’on ne pouvait le penser, mais aussi une réflexion sur une certaine classe dirigeante. Le personnage que j’interprète, Giancarlo, est à la croisée des deux : c’est un enfant qui rêve qu’il appartient encore à cette classe d’intellectuels au sommet de la société. En Italie, les gens influents se trouvent aujourd’hui à la télévision, qui est devenue en quelque sorte une « nouvelle église » où il faut absolument entrer pour exister. Ce phénomène se vérifie partout dans le monde à l’heure actuelle. Dans le film, tout cela est raconté avec un mélange de tendresse et de férocité dans un esprit très comédie italienne. "   Interview de Sergio Castellitto  Par Stéphane Argentin Ecran large

 

Voir / Écouter

  • La bande annonce du film
  • Une longue interview, en italien, par Mario Canale, de Paolo Virzi et des actrices Margherita Buy et Poala Tiziana Cruciani.
  • L'extrait consacré à Paolo Virzi de la thèse d'Elléonore Loehr

Ciné-club

Le film est en version originale sous-titrée. Il est présenté dans le cadre de Primissimo Piano, l'activité ciné-club de la Dante Alighieri,

Adhésion ciné-club INTER FILM valable pour la saison 2024-2025 : 1 € ; Adhésion offerte aux membres de la Dante Alighieri.

Participation aux frais : 5 €, réduit 2€ (Étudiants, DE, <18 ans).

 

 logo PP t 300dpiMerci de participer et à bientôt au cinéma !

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